samedi 3 juin 2017

Vision à mi-quai

En fin de montage


Peinture de Jean-Louis Petit 1838"Vue du quai Napoléon" à Cherbourg Musée Thomas-Henry
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Vue_du_quai_Napol%C3%A9on_de_Cherbourg_en_1838%2C_Petit.jpg
 
   « Ce matin, après avoir enfilé mon pantalon, comme d’habitude, une chemise, aussi comme d’habitude, mon chat s’étira, comme d’habitude sur le lit,  je me dirigeai dans mon atelier, aux parfums d’huile, de vernis et de différentes térébenthines, pour y revêtir ma blouse.
 
     Ce matin, c’est décidé, j’entreprends un nouveau tableau ! Mes couleurs sont prêtes, la toile apprêtée, 1,80 x1,00, je vais recouvrir, modestement, tout cela de détails, pas besoin d échafaudage, ce n'est pas demain que je me lance comme M. Géricault à l’assaut d’un radeau de la Méduse et son écran géant, moi ce n’est qu’un très bon téléviseur plat pas courant dans nos foyers.
Pour choisir le sujet, il n’y a qu’à consulter mes croquis, mes notes de voyages en Normandie, mes souvenirs de mes lents déplacements en calèche, les sortir de la naphtaline, ils ont bien trois ou quatre ans. Oh ! Pas mal, je me surprends, c’est moi qui les ai faits, avec un drone et un appareil numérique s’eut été plus simple, car depuis un certain temps mes compositions se produisent autour d’un point de vue impossible car comme quelques confrères depuis les Montgolfier notre œil grimpe sans en référer à une divinité ! Alors connaissant un peu les principes de la perspective nous pouvons nous déplacer dans l’espace sans choquer nos admirateurs. D’ailleurs d’autres peintres commencent à pratiquer des points de vue en hauteur pour surtout mieux indiquer le paysage et son activité.


Etre un écrivain ou un musicien romantique c’est côtoyer la tourmente mais un peintre c’est carrément abordé le déjanté !
Je dis cela peut-être parce que je suis danseur ! 
 Paul-Joseph Bugilter
      Mes thèmes, la tourmente, les tempêtes, voire les naufrages, je suis dedans, j’attrape un fusain et gratte la toile tendue qui raisonne, en soupirant, pour nous !
 
      Passionnément,  je suis prêt à des concessions afin de rendre ma peinture plus parlante mais sans dénaturer les éléments au point où mes contemporains ne reconnaissent rien à ma représentation, il faut que cela soit réel. Un phare, je l’agrandis un peu ! Et une tempête, c’est sans souci ! Et puis c’est joli ! Mais à Cherbourg, faudrait que je fume un joint pour la calmer cette tourmenteuse aquatique, ne pas en faire de trop, surtout si j’y pose quelques embarcations avec des gens pour fournir une échelle de grandeur ! Pas mal aussi, cette série sur la grève à marée base, il n’y a plus que des flaques d’eau et quelques crabes ! Ce n’est pas grave, je vais y mettre la mer, ça fera de beaux reflets ! Un grand ciel, avec du bourouloulou dans l’air, mon paysage urbain à droite, le reste la mer chahutant ! Oui, le Sud, le soleil derrière, une image à contre jour et des jolis effets de miroir ! Je le tiens mon tableau, une fraîcheur d’après l’orage !
Avec ces constructions, ces façades sombres et fermées, formant une vraie falaise que je n’ai pas vraiment, correctement esquissée, une masse non définie, je vais encore un peu inventer, quelques  petites ouvertures, des jours de souffrance et des égouts vomissant !
Oh ! Je vais la cacher cette tour d’entrée de l’église, trop neuve, pas assez romantique !
 
     C’est en place avec cette veuille tour, l’église, cette dentelle gothique, ce bord de quai rugueux d’irrégularité, cette lumière éblouissant les vagues, cette grande ombre à droite, tiens deux pointes de couleur pour réveiller le coin, ces petits navigants, recevant le souffle et le gros clapot sonore des éléments, fuyant les hauts fonds, je mettrais bien deux bateaux en arrière plan, et ce signal, cet obélisque, cette balise magnifique, magnifique de symbolisme, ma respiration s’est accentuée, je vide d’un coup mes poumons et doucement, je reprends la maitrise de mes soupirs, à défaut de haschisch, je vais me taper un verre de Pauillac, château Pedesclaux, le début du litre par jour qui nous sera conseillé par l’institut Pasteur. Et j’attaque le problème avec vanité, Coco ! Celle qui se raille de la mort !
 
    Ce tableau, il finira dans un musée avec un autre titre, il sera rapidement entrevu sur internet et on lui fera dire des conneries, mais il va être bien, ce tableau !
Ils vont me calculer en disant que ce n’est  pas réel, comme pour une photo numérique qui est trop belle pour être vraie, elle doit-être retouchée avec Photoshop ! »


Capture sur Wiki manche à l'époque de cet article!
Le peintre avait raison, comme toujours avec Aragon
 
 Des anachronismes, il n’y en a pas ! Uniquement un peintre qui délire autour de la réalité, presque une conception digne de Disneyland.

Recherche sur la construction du tableau.
 
Montage redonnant aux constructions leurs proportions.
L'obélisque n'est plus qu'un beau menhir bien taillé !

Les cherbourgeois reconnaitront leur ville, certain savent que la tour dite « de l’église » a été démolie très tard mais ces habitations au droit  du rivage et surtout cet obélisque qu'ils considèrent
tous comme  un fantasme de peintre romantique !( Voir https://www.wikimanche.fr/Place_Napol%C3%A9on_%28Cherbourg-Octeville%29 )
 
Les fautes : La barquette chargée, naviguant à cette hauteur de marée pratiquement sur les cailloux et rochers
                  La pente de la couverture des maisons du premier plan, cela ressemble à l’Italie avec du linge à sécher
                 Les proportions de la tour et de l’église, un peu trop d’élancement, elles sont également trop écartées, et surement la hauteur des maisons du bord.
                 Le point de vue n’est possible qu’avec un ballon et on ne sort pas en ballon avec ce temps
                 Le titre, la place ou le quai n’ont pris le nom de Napoléon qu’en 1840 après le retour des cendres
 

Très peu de chose au total, en somme, le reste est vrai !
D’abord les maisons  du rivage, ce n’est mentionné nulle part sauf quelles sont dessinées sur le cadastre dit napoléon, on y distingue même la rampe de descente sur la grève
 

Le cadastre de 1826 nous indique des habitations en bord de mer ! Dans l’angle, les petites parcelles enchevêtrées semblent faire taudis, pas glorieux pour la ville.
La place du Rampart s’appuie sur un quai formé  par les fondations de la fortification Nord.
http://www.archives-manche.fr/ark:/57115/a011276094168hO7v5H/c2dbcbb61d
 
 
Et l’obélisque, fantaisie, mais il est indiqué sur des cartes de l’époque comme un signal, une balise d’alignement avec l’amer du clocher de l’église d’Octeville indiquant l’entrée Est de la rade avec sous la quille, les meilleurs bas fonds.
 
Plan établi après 1840, source Galica

Edition 1850 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530849690/f1.item.zoom

Et l’obélisque, fantaisie, mais il est indiqué sur des cartes de l’époque comme un signal, une balise d’alignement avec l’amer du clocher de l’église d’Octeville indiquant l’entrée Est de la rade avec sous la quille, les meilleurs bas fonds.

Nous pouvons seulement douter de la forme exacte de cette objet qui sur ce tableau, semble être un monolithe ! Matériaux, surement pas plâtre mais un peu de ciment ! Ou du bois ! Pierre ! Mais comment ?
Et également se poser la question du pourquoi la balise est-elle  implantée sur la grève, pour, peut-être, ne pas mêler le civil à la marine, ou est-ce à l’origine, et cela semble plus simple, une marque indiquant un haut fond  rocailleux qui fut détournée en amer avec la construction de la  grande digue.
  
Agrandissement du plan.  A noter le cône N°5 ( voir notice) une balise sur la grève !
 
 
 

           Ici, il n’est pas impératif d’émettre une conclusion, elle est téléphonée, à l’évidence les éléments représentés sur cette toile ont une réalité historique mais sont interprétés et déformés et encore par nos contemporains! Donc, le crédule est toujours faible et manipulable surtout confronté à la quantité d’informations et à leurs formes qualifiantes !

Nous ne pouvons plus qu’ouvrir notre pensée que sur des absurdes :

 Le passage du peintre sur place pouvant dater d’avant 1820, l’obélisque, ancien repère, un peu rajeuni et retaillé, trouve sa place sur la fontaine à cette date. Cela existe, nous connaissons ce type de tricherie à toutes les époques, et c’est une économie conséquente pour une commune, mais avec une tendance à être trop souvent partagée avec aussi la distribution de pots de vin.

Le passage du peintre sur place pouvant dater de 1820, dans le même temps, au moment du transport de l’obélisque. Celui sur une barge attendant à être levé, attire la curiosité de l’artiste et qui demande à un matelot si ce long caillou doit remplacer la balise sur la grève, ici c’est un pays où le Parisien est souvent raillé, et le marin lui répond par l’affirmative !

Et oui, il est possible aussi  que le peintre ait trouvé plus intéressant de remplacer un gros bout de bois par l’obélisque de la place d’armes ! Ou même a-t-il été victime d’un plaisantin qu’il lui aurait indiqué que l’obélisque était auparavant dans l’eau ! Et le farceur n’en était, peut-être pas un !
Le grand Devin Shadok , sous les traits de P-J Bugilter, m’a dit que Napoléon pompait. En effet il a pompé un théorème et un problème  de géométrie qu'il s’est attribués !
 

          Il reste aussi la probabilité que les deux obélisques ont existé en même temps et le signal fut assez vite oublier avec les agrandissements consécutifs de la place ! Un recensement des carrières et de la quantité de pierres dégageables, fut composé pour s’assurer la faisabilité de la grande digue. C’est énorme, des tonnes de pierre furent employées, parmi celles-ci des morceaux intéressants, l’un d’eux assez long, peut avoir été mis de coté, grossièrement remodelé et utilisé pour remplacer le gros mât de la balise ! Et le peintre l’a sublimé !


Pour passer à un autre mystère nous avons cette espèce de fuite de la barquette avec embarqués 4 hommes, 3 femmes et une fillette, dans des conditions atmosphériques difficiles, pouvant évoquer des personnages particuliers, des princes, des espions, en émigration et vont-ils rejoindre ce navire au large ou poursuivre ainsi équipés !

Complots, divagations, hallucinations, délires, élucubrations d’Antoine, radotages et colportages de toutes sortes, nous pouvons nous les permettre puisque, sans enquête, des commentaires sont déjà émis par des sérieux !
          Alors empruntons aussi cette brèche en indiquant que ce travail articule des époques et plusieurs pensées en mouvement, le classique jusqu’au baroque, le romantisme, le pompier avec le kitsch et la longue continuité, en passant par la consommation de masse,  jusqu’à nos jours avec Disney !
 
 
 
 
 
Autres documents et références ;
Les cartes
http://www.archives-manche.fr/ark:/57115/a011390312820GQtOID/45c42a54d8
http://www.archives-manche.fr/ark:/57115/a0114418082783YRPYV/330d3b056e
http://www.archives-manche.fr/ark:/57115/a011441808251eFBaCW/9b0b10c917



Tableau synoptique des éléments à retenir.

Le plan de l’église après la construction de la tour d’entrée


L’élévation et la coupe de la tour avant sa démolition

 
Une vue surélevée de la plateforme, dessin de l’époque

 
 
 
Le phare de Gatteville 1838 JL Petit
Une énorme tendance à grandir les bâtiments, mais Barfleur est correctement placé ainsi que le moulin à vent, indiquant l'étude de cartes géographiques pour la réalisation de ce tableau nous permettant de pensé que l'auteur n'invente rien, il arrange.

 



     Et à consulter wikimanche.fr, les archives de la Manche, gallica.bnf et bien sûr aller contempler ce tableau, dans un lieu tempéré, au Musée Thomas Henry à Cherbourg, 5€.



Enfin le document édité pour une exposition « La ville que nous voyons » Point du jour
http://www.lepointdujour.eu/images/documents/dossier_enseignants_expo_claire_tenu.pdf (qui n’ont pas fait d’erreur sur le prénom du peintre)

 
 
 
 
 

vendredi 23 décembre 2016

Le banc 5

 
 


Le banc breton avec un peu d’habillage!

Avec entre autres :
Pierre Judikahel http://judikahel.com/
              Artandbuzz https://www.facebook.com/graphiste.artandbuzz?fref=pb&hc_location=friends_tab&pnref=friends.all
Vincent Aïtzegagh  http://www.omaja.fr/

Et ce n’est parce qu’ils ne sont pas représentés sur la photographie qu’il faut oublier les copains !

https://photopmg.wordpress.com/2014/10/
               Et Dany http://contactdwb.wixsite.com/williamb-design

Ce banc servant de fil rouge à nos communications, nous en profitons donc pour vous faire un petit point sur la santé de ce blog.

Des visites :  678 le mois dernier, une moyenne de plus de 400 par mois et toujours un peu les mêmes articles consultés avec une curiosité pour les nouveaux
Et des commentaires, très peu! (les spam aucun)
Merci de vos visites !

dimanche 12 juin 2016

Cote 39 !




Nous avons une mémoire.
Nous avons des souvenirs.
Il faut bien que ça serve à quelque chose !
Paul-Joseph Bugilter


Cela fait des années, des tours de soleil, que nous voulions vous offrir cet article, nous avons nos carnets, des visites aux archives en prenant bien des notes, des lectures dans la tête, des enquêtes de terrain, des adresses internet, beaucoup de travail, de pensées vibrantes et voilà, et les voici, les fourmis arrivent, elles sont là ! Nous allons jeter le carnet le plus loin possible et puis Zut ! ɸ♪Ϣῼ cocos, œufs durs et ♠♫۩Х trop durs..... …Péter les plombs mais avec sensualité!!!!.
© ®





Une fois, ou deux!


Bondé, gonflé de chansonnettes, le car juste après l’épingle stoppa. Vivement une soutane et son curé descendirent afin d’orienter la manœuvre. Le véhicule chargé de gamins, recula ainsi guidé dans le chemin qui longe le cours d’eau et  sans attendre, le ventru répandit sa flopée de gosses dans la nature, une heure permise de cavalcades, à jouer aux cow-boys, sans oublier les indiens, courir, traverser le fleuve sur les maigres restes de trois ponts et conquérir la colline et ses décors de conte de fée et  surtout s’assommer d’aventures.


Un jeune garçon vif, évitant les pièges des buissons, monta plus vite, découvrant au sommet les restes de la cabane perdue,  emmarchements maçonnés, paliers, terrasses, quelques poteaux encore debout  et les planches au sol d’une ancienne construction, d’un abri de trappeur, d’une maisonnette slave, le refuge d’un voyou dominant la vallée.


Tenant sa position jusqu’au signal, le klaxon si aigu d’un si gros engin résonna dans la vallée, dans le canyon, alors il devait descendre, attraper le sac, ce cylindre de tissus, un fond fermé par un rond de faux cuir et  serré en haut pour l’autre fond celui sûrement du haut par un grand lacet passant dans les œillets et accroché dans les coutures basses.


Le casse-croûte, un œuf dur, sandwich beurre jambon, banane et boisson dans la gourde en plastique, mélangés avec le slip de bain et la serviette, avant de rejoindre la plage de Landemer, et des jeux divers s’inventèrent avec l’espace et le temps, en attendant le moment sacré, l’heure de la digestion passée, pour se baigner.
Cette journée de la fin des années 50, avait débuté à Cherbourg devant la Trinité, le jeudi matin, avec les beaux jours de la fin du printemps, c’était le patronage. Deux ou trois fois par an, les enfants s’embarquaient pour l’Ouest prenant la route de la mer. Maintenant, ils allaient rentrer fatigués fredonnant des notes, ritournelles en rengaine,  à chaque fois, le garçonnet, mesurant la journée, cherchait le secret de cette maison disparue.


Nous avons marché dans les pas de ce garçon qui lui-même, sans le savoir, avait foulé le temps des vacances du jeune Boris Vian.
Que de mystères sur la disparition de ce chalet même ce petit garçon ne comprenait pas ? Et tellement de mystères que nous avons envie d’émettre une petite thèse. 0


  
 
 







 
 






  
 
 








Souvent, trop souvent!

Le sentier « était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircis jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusé le sol de mille petits trous ; sous les pieds, c’était comme de l’éponge morte de froid. » 4
 

Fin juinet ou début juillembre, avec une vibration de Latécoère, la Torpédo aborda l’épingle mais avant de la boucler s’engagea directement dans le chemin qui fréquente le cour d’eau du Hubilan. Les freins s’exprimèrent et le moteur ferma sa gueule. La cargaison s’étala, s’ébroua,  les vertèbres se détendirent effaçant la douleur du voyage et attrapèrent, tripotant les bricoles, agrippèrent les valises,  prothèses du bien heureux touriste, en entreprenant l’ascension. Cette cordée s’installera sur la place, au sommet pour trois mois avec l’équipement virtuel des égalisateurs de leur grande vertu, dans le chalet Costil forteresse dominatrice, maîtrisant ce monde de fin, ce bout ou il n’y  a rien, y amenant la civilisation du rentier. 5
 

Les Vian s’emparaient ainsi des lieux comme souvent pendant les vacances, les scolaires et surtout les grandes, celles instituées pour permettre aux agriculteurs, aux récoltes, de profiter de l’aide de leurs enfants et de leur famille lorsqu’elle venait boire un coup de cidre. 6
 
Cela allait donc, courir partout, faire bouger l’air, piétiner les calamines,  partir en virées, pavaner en polo et en maillot dans la nature avec la grosse voiture salvadorienne et revenir content, des souvenirs sur les pellicules de leurs gros appareils, ça allait emmerder finalement le monde autochtone, aux mamans couturières, tâcheronne, et rendre envieux les gamins laborieux.

 
Les colons n’ont évidemment rien apporté du confort de la ville, il faut pencher pour un équipement rustique, d’une cuisinière, de bougies, de lampes à pétrole, de cuvettes, de pots de chambre, d’une citerne et sa pompe à bras, la civilisation du seau, du pot, de la cruche, du broc !

  




 






Le décor est dessiné,  une vie sociale s’installe, tout est prêt pour un épisode de l’inspecteur Barnaby, un bistrot, nous avons les hôtels pour ça ( la licence IV date de septembre 1941 ), pas d’épicerie, pas de boulangerie, pas de trace, il faut comprendre que le déplacement  à Urville-Hague est simple, c’est pratiquement plat et pas loin, un peu plus de 2 Km ! (Moins de 3/4 d'heure à pied, alors en vélo, en charrette, à cheval, en voiture ... ) Là encore, il y avait des bistros et dans « le Village normand » peut-être une salle pouvant servir de cinéma et aller voir en palpitant et pour ses trois francs, la belle, belle, belle comme le jour !Et puis il y a la ville avec l’Omnia et d’autres cinémas et puis le théâtre !




Boum!


La petite maison de bois cassée, disparue, soufflée par le loup, une épitaphe «  détruite pendant la guerre » mais le garou se planque dans les fourrés, entretenant son étrange fourrure dépouillant la vérité.
 
 Elle était trop visible pour ne pas devenir victime, trop à l’écart aussi, et surtout abandonnée ! Le curé a mordu, le lycanthrope descendant du car compliqua  la vie de ce juvénile Benjamin A aux odeurs gravées dans les yeux, dans le val du Hubilan,  ce gamin à peine construit par les sentiments et par rage, ne comprenant pas, prêt à ne pas casser ses jouets!….. Lui !

-         Visible pas autant que les ostensibles  voisines qui offraient des amers aux errants, à ceux de la mer, des tours, des pointes vers le ciel, les voisines ne furent pas condamnées. Des châteaux de contes de fées, de dessins animés couronnaient ce lieux.

-         A l’écart et démolie comme les copines de ce côté de la route, des frangines ayant surement subi le même sort !

-         Des bombinettes, pareil à l’hôtel Millet, cherra, chéri, mais sans trou, sans explosion, sûrement un pétard !

-         Alors, sortez les trompettes ! Mais un peu tristement avec du trémolo !
 

Le loup a soufflé sur la désertion, pour récupérer les matériaux, des clous, des planches, des solives et autres madriers ! Et ainsi les pirates indigènes, ces naufrageurs s’invitèrent dans le ventre sacrifié pour le commun, extirpant des tuiles, des meubles et des gamelles ! Des casseurs de baraques, des briseurs de planches alors que  le loup fournissait sa permission ayant, afin d’ériger la défense bétonnée, d’obscènes besoins en matériaux.
 

La petite cabane fut réduite à des miettes. Les encombrants étaient partis, un coup de balai devait-être donné !
 
 
 
 
 










L'épate

Une pavane de plus des poseurs sur les photographies.

Par une nécessité justifiée, or les conséquences sont mesurées , établies, c’est l’abandon !

 Avec ce renoncement, c’est perdre, ne plus avoir de prise concrète, et installer, confirmer une disparition programmée, c’est perdre, et restera, demeurera l’entretient du souvenir en réminiscences involontaires, et, encore et encore, poursuivre le refus,  le rejet de l’être sentimental, construire la rage de ne plus aimer, aménager la résignation, pareil ou presque, au personnage de Benjamin Constant A qui, c’est con, se nomme Adolphe !

Ensuite, nous pouvons défiler, parader le menton bien haut ! Car nous sommes des victimes ! La fanfare aidant les fanfarons !






 

Cela manque de couleurs, d’odeurs, de vent, il faudra ajouter de la sueur à la peau pour qu’elle sèche, c’est ainsi que le narrateur saisissant que son texte  a une carence en épiderme arraché et effleuré, mais sans écrouelles, va vous quitter et ouvrir une petite bière, afin d’alimenter les muqueuses !

 
   « Je suis toujours debout sur la mine. Nous étions partis en patrouille ce matin et je marchais le dernier comme d’habitude. Ils sont tous passés à côté, mais j’ai senti le déclic sous mon pied et je me suis arrêté net. Elles n’éclatent que quand on retire son pied. Elles n’éclatent que quand on retire son pied. J’ai lancé aux autres ce que j’avais dans mes poches et je leur ai dit de s’en aller. Je suis tout seul. Je devrais attendre qu’ils reviennent, mais je leur ai dit de ne pas revenir, et je pourrais essayer de me jeter à plat ventre, mais j’aurais horreur de vivre sans jambes. Je n’ai gardé que mon carnet et le crayon. Je vais les lancer avant de changer de jambe et il faut absolument que je le fasse parce que j’en ai assez de la guerre et parce qu’il me vient des fourmis. » 9


En maîtrisant les nouveautés, ils construisirent l’illusion de dominer un monde qui allait leur échapper.
Alors entretenir des restes même s’ils ne sont plus appréciés et s’en servir pour s’essouffler dans le travail et produire, parfois par amour, parfois pour l’amour, parfois sans !
                                                                              Extrait de notes pour mon biographe d’ouvrier, 2010, P-J Bugilter,




Et le petit garçon courant sur la colline en 58 et 59 sans rencontrer de fille10 , s’est épanoui malgré cela et a une pensée pour toutes les mamans qui ont appris un jour, la disparition de leur enfant.  11  !   



 

A    http://www.babelio.com/livres/Constant-Adolphe/9574, 
 Mauriac  d'une manière un peu simple: « Adolphe : ...analyse sans phrases d'une liaison et de ces jeux de la cruauté et de la pitié que, par antiphrase, nous appelons amour. Souffrance qui ne touche pas, car elle est celle du nerveux qui trépigne de ne pas avoir le jouet dont il sait lui-même qu'il ne ferait plus cas, à peine l'eût-il obtenu. » 
0Depuis 2012 l’ouvrage fort bien documenté de Nicole Bertolt «  D’où viens- tu Boris, » éclaire notre vision mais s’appuyant sur des documents de famille, des entretiens  et un texte de remplissage proche d’un office de tourisme, ne peut être réellement crédible. (Nous y avons relevé quelques erreurs dans les légendes des photographies)
  

1 Architecte à Cherbourg, le maître d’œuvre de la gare maritime, de Ratti…etc.
 4 petit extrait de « L’arrache cœur »
 5  Paul Vian était un rentier, ruiné pour avoir mis les sous dans le caoutchouc, plantation d’hévéas
6 Les congés payés sont apparus en1936, l’époque aussi ou les femmes fabriquaient les vêtements, le prêt à porter n’existait pratiquement pas sauf un peu pour le pratique. Les Vian bien avant, dernière visite 1939, Boris à 19 ans
7 http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/seconde-guerre-mondiale-le-mur-de-l-atlantique-construit-pour-l-ennemi-par-des-francais-127066#0gmlPaWZuOMrgsPm.99
8 Extrait du manuscrit « A rebrousse-poil » journal intime de B Vian (voir manuscrit)
9 Les  fourmis extrait. En 1949 Le Vian de 29 ans écrit « Les fourmis »
10 BorisVian est revenu au Cap de la Hague en 1958 et à Goury en 1959 « … Nous les vacances, c’était unique. C’était monacal. Un chouette merveilleux pays. Mais pas une copine. Pas un flirt. La maison, j’adorais la maison, tout en bois de Norvège verni à l’intérieur, vert à l’extérieur ; la mer, un balcon tout autour d’où on la voyait, la colline en proscenium oblique de fougères couverte. A gauche l’hôtel Millet, l’autre colline ; un V ouvert si on veut, avec la mer à moitié du V. c’était la vue côté mer ; côté cambrousse, des arbres, minces c’est un coin formidable ; jamais encore j’ai osé y retourner… »
11 Yvonne Vian née Ravenez est décédée le 21 janvier 1976



Attention, c’est une propriété privée (donc autorisation) et il n’y a pas encore de Pokémons, encore que !
Nous pourrions suggérer le remplacement des Pokémons à Cherbourg par les Shadoks pour un petit hommage à Jacques Rouxel.
 
 
Malheur aux patelins où Boris n’a jamais mis le pied !
Pour finir, ils ont gagné, Landemer et la Hague, ils se les partagent maintenant avec Prévert !



Nos sources
http://www.le-landemer.com/galerie/landemer-village/ 
le restaurant, nous en connaissons qui y ont fait leur repas de mariage.
 http://www.urville-nacqueville.fr/porte-de-la-hague/histoire-de-la-commune/
http://www.wikimanche.fr/Landemer
http://www.wikimanche.fr/Alexandre_Fontanes
Et d’autres comme « Ah oui ! Là, c’était Ratti » sur Facebook dont nous remercions les membres pour leurs participations  https://www.facebook.com/groups/333169883544304/
Le cadastre et les différentes archives locales

Les bibliographies de Vian

http://www.borisvian.org/
Boris Vian J. Clouzet 1971
Boris Vian « Vérité et légendes » Edition du Chêne avec un texte de Frédéric Richaud
Nicole Bertolt «  D’où viens-tu Boris, » Cherche Midi
J’avais vingt ans  en 1940 Boris Vian de Claudine Plas collection «  à 20 ans » dirigée par louis-Paul Astrand
V comme Vian de Marc Laprand chez PUL les Presses de l’Université Laval
BORIS VIAN - 1920-1959 (portrait d'un bricoleur) Geneviève Beauvarlet Hachette
Boris Vian Romans, Nouvelles, Œuvres divers, La Pochothéque
http://boitierrouge.com/2015/08/14/brasier-torpedo-1911-lamour-automobile-de-boris-vian/
http://www.bnf.fr/documents/dp_boris_vian.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vian
http://www.lesinfluences.fr/Boris-Vian.html
http://www.alalettre.com/vian-bio.php
Et d’autres

 
Les lectures
Benjamin Constant « Adolphe »Une grande partie des écrits de Vian
Nota : nous remercions un certain enchanteur Merlin pour avoir fait disparaitre « V comme Vian », « Les écrits pornographiques » « Le loup- garou » et « Les fourmis », de notre bibliothèque, car nous aimons la magie !
Dans « les études normandes » 1969, un article « Quelques remarques sur les résidences secondaire en Normandie d’après le recensement de 1968 » par Daniel Clary
Dans la collection chez Gérard Monfort « Pays de l’ouest et d’ailleurs » dirigée par Armant Frémont, « Les gens du Cotentin » par J.J. Bertaux, « Le Cotentin, histoire des populations » par J.A. Quellien et « Le cotentin d’aujourd’hui » par C. Mullet et Y. Guermond.

Bien sur  dans les « guides géologiques régionaux . Normandie » chez Masson édition 1977 http://www.parc-cotentin-bessin.fr/files/ged/145-cahier-pedagogique-la-geologie-72dpi.pdf http://infoterre.brgm.fr/rapports/82-SGN-177-STO.pdf
http://odin.pagesperso-orange.fr/tec/geologie-cotentin.htm
http://www.thierryalbertin.com/geologie-du-cotentin.php

En savoir plus sur http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/seconde-guerre-mondiale-le-mur-de-l-atlantique-construit-pour-l-ennemi-par-des-francais-127066#0gmlPaWZuOMrgsPm.99
https://www.youtube.com/watch?v=efTSNM0xHmg
https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://forum.axishistory.com/viewtopic.php%3Ft%3D187490&prev=search

http://www.wikimanche.fr/Omnia ouvert en 1911, l’Eldorado en 1914 et Le Grand Balcon 1925 devenant  le Central Cinéma
http://www.wikimanche.fr/Th%C3%A9%C3%A2tre_de_Cherbourg inauguré en1882  dit « le théâtre d’or »

Les illustrations


Plan des environs de Landemer
Carte postale L’hôtel Millet et la Roche Airel
Carte géologique du Cotentin
Géologie montages pédagogique JPG
Construction  de Landemer montage JPG
La famille  partante pour les vacances en Torpedo
Axonométrie et coupe sur le terrain et plan supposé de la maison
Montage d’ambiance JPG
Les meubles JPG
Détail balustrade JPG
Montage les effets de la guerre JPG
La frime montage JPG
BV et…. Montage JPG

Ponctuation ; Certaines virgules ont été délibérément omises et ont été un sujet de quelques discutions avec Luce que nous remercions d’ailleurs, mais nous avons décidé de ne pas les poser afin ne pas nuire au rythme du texte ! Na !

Seul le texte peut prétendre à être couvert par la propriété intellectuelle.
Les images, dessins, photographies, commentaires en bleu, montage sous JPG ne sont pas vraiment protégés, vous pouvez donc en disposer mais nous espérons que vous aurez la courtoisie de citer le Blog, http://archi-geo-etc.blogspot.fr/ Merci!